Éditions GOPE, 396 pages, 13x19 cm, 24 €, ISBN 978-29535538-3-3

jeudi 8 janvier 2015

La « redépendance » de Hong Kong

[…] Ce roman s’inspire d’un autre, Le monde de Suzie Wong, écrit en 1957 par Richard Mason, […] un classique de la littérature anglophone. Il a donné lieu à une adaptation au cinéma, au théâtre et à la création d’un ballet.
L’éditeur GOPE le propose depuis 2011 en français, aussi ne faut-il pas s’étonner que celui-ci publie la version en français À la poursuite de Suzie Wong de l’ouvrage For Goodness Sake: a novel of the afterlife of Suzie Wong sorti en version originale en 2008.
En fait, il existe un autre prolongement du roman du départ puisque déjà en 1992 une suite lui avait été donnée par George Adams, sous la forme d’une nouvelle du nom du Retour de Suzie Wong. L’héroïne, devenue la veuve Lomax, revenait à Hong Kong, plusieurs décennies après avoir quitté cette colonie britannique.

Article Critiques Libres

À la poursuite de Suzie Wong interroge non seulement sur la réinsertion sociale d’une ex-prostituée chinoise, mais aussi sur les craintes des conséquences de voir remis sur le tapis ses anciennes activités, l’évolution des origines des filles de joie dans la Colonie toujours britannique (venant aujourd’hui des Philippines et d’Indonésie pour une bonne part), la fascination des Occidentaux pour celles-ci avec la perspective de les épouser ou non (durant la guerre du Vietnam, Hong Kong était un lieu de plaisir pour les GI), les tensions liées aux différences culturelles, la double culture des enfants de couple eurasien qui fait qu’on se demande si face à telle situation ils vont réagir plutôt comme Chinois ou Ocidentaux, l’attitude variée (de la franche hostilité à la satisfaction nationaliste) face à la « redépendance » de Hong Kong en 1997, la soif de s’enrichir, le monde des galeries d’art, les films ayant eu pour lieux d’action la colonie britannique et l’évolution de l’urbanisme dans ces territoires. Tout cela au travers d’une histoire d’amours complexes.

Il est à noter que sort de manière concomitante le roman graphique chez le même éditeur Suzy Wong et les esprits.

Jules Romans.
4 septembre 2014.

dimanche 26 octobre 2014

L’authentique Hong Kong ?

« — À mon avis, il y a en fait deux Hong Kong, voire plus. Il y a la ville célèbre, internationalement reconnue, celle présentée par l’office du tourisme et réduite à la silhouette de Central vue de Tsim Sha Tsui ou depuis le Pic ; celle des taipans et du Hang Seng qui peut se vanter d’être le leader financier de l’Asie ; la cosmopolite dont les immeubles de bureaux de style occidental s’élancent vers le ciel, celle qui a la capacité de faire un jour partie du club des plus grandes villes du monde, du moins pour certaines activités économiques, et où le langage international du commerce, l’anglais, est parlé couramment.
Mais louchez juste un petit peu, ou enlevez vos lunettes, et cette Hong Kong va s’estomper et ressembler à n’importe quelle autre cité. Elle rejoindra Singapour, Los Angeles, Tokyo, Kuala Lumpur et Shanghai dans leur universalité émergente ainsi que de nombreuses autres villes similaires à l’architecture contemporaine et banale.

© anj_p

Cependant, en dessous et à l’intérieur de cette ville cosmopolite, il y a une autre ville très différente. J’aime l’appeler « Cantoville » parce que c’est l’authentique Hong Kong où le cantonais est souvent la seule langue parlée et où le style de vie est plus proche de celui d’un village que de celui d’une métropole internationale. Des centaines de milliers de Hongkongais mènent une existence plutôt encadrée dans cet espace qui est défini par sa langue, sa culture, son identité politique et sa géographie. Ces habitants de Cantoville tiennent les marchés locaux, les boutiques et les restaurants ; ils conduisent les taxis et les bus, entretiennent les rues, construisent les buildings, s’occupent des navires de service et du port à conteneurs, creusent et réparent les voies de communication qui permettent à cette ville de fonctionner. Ils naissent, grandissent, procréent et meurent non pas dans la Hong Kong internationale et cosmopolite, mais dans leur « village ». Ils pourraient à juste titre revendiquer être l’authentique Hong Kong. Beaucoup vivent dans des appartements d’à peine quarante mètres carrés, dans des gratte-ciel surpeuplés, dans des H.L.M. ou dans ces immeubles crasseux et sans ascenseur de six étages qu’on appelle « immeubles à Chinois ». Je suis persuadé que rien de tout ceci n’est nouveau pour aucun d’entre vous – d’ailleurs certains pourraient même bien venir de Cantoville. Pourtant, j’ai l’intuition que la plupart des personnes, quand elles s’interrogent sur le futur de Hong Kong après la rétrocession, font des suppositions sur le sort de la Hong Kong cosmopolite et non pas sur Cantoville. »

Extrait du chapitre 2. James A. Clapp.

© Benny Lam


jeudi 18 septembre 2014

Un bon moment de lecture

Commentaire Amazon

À la poursuite de Suzie Wong s'adresse à tous les lecteurs intéressés par Hong Kong et son histoire, ainsi qu'à tous les amoureux du mythe de Suzie Wong qui reste chevillé à l'âme de cette ville depuis la sortie du roman original de Richard Mason, puis du classique hollywoodien basé sur ce même roman.

L'auteur, James A. Clapp, est un universitaire américain spécialisé en urbanisme et il se fait fort de mettre en avant ses connaissances pour livrer de fascinantes descriptions de Hong Kong au moment de sa rétrocession à la Chine, en 1997. Le récit en lui-même est bâti telle une enquête, avec sa dose de romance, de milieux interlopes, de fausses pistes et de retournements de situation inattendus, et le tout est suffisamment rondement mené pour pouvoir tenir le lecteur en haleine jusqu'au bout.

Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire du Monde de Suzie Wong, il peut être intéressant de se renseigner ou de lire le roman au préalable (publié chez le même éditeur), mais rien d'obligatoire non plus : Clapp parvient à tisser dans son récit les éléments nécessaires à la compréhension du mythe et l'on n'est jamais perdu au fil du roman.

Pour finir,  À la poursuite de Suzie Wong est aussi un roman plein d'humour, à l'américaine certes, mais la traduction est de très bonne facture et le roman se laisse lire avec plaisir. On le lâche difficilement... jusqu'aux révélations finales. Une agréable et rafraîchissante découverte, qui m'a donné envie de relire Le Monde de Suzie Wong et de voir sa version cinématographique.

Par Jerome Bouchaud, le 9 septembre 2014

mardi 16 septembre 2014

Ladder Street

©PeterThoeny

"Après être sortis du McDonald’s, nous sommes passés devant l’escalier qui mène de Ladder Street au temple Man Mo. La vendeuse de journaux se tenait au pied des marches, ses quotidiens en chinois étalés autour du petit tabouret sur lequel elle était assise recroquevillée. J’étais passé devant elle à plusieurs reprises en me demandant si elle savait quelque chose sur l’immeuble du film. Elle semblait avoir dans les quatre-vingts ans et elle était presque pliée en deux, souffrant probablement de cette ostéoporose due au manque de calcium qui afflige tant de ses contemporaines. Ses cheveux étaient blancs et ébouriffés, elle lisait un journal en le tenant très près de son visage, même pour lire les gros titres.
La première fois où je la vis, elle m’inspira le concept de « Cantoville ». En effet, elle faisait partie de ces gens qui se situent au premier degré de l’échelle sociale qui s’élève au sens figuré comme au sens propre avec les hauteurs de l’île de Hong Kong. Or, au fur et à mesure que les buildings qui la cernent gagnent en hauteur, la lumière du jour arrive de moins en moins dans son petit espace ; elle est comme une plante condamnée à dépérir."

Extrait du chapitre 10. James A. Clapp.

Cat Street



"Je descendais sans but précis Cat Street, une rue étroite située dans un quartier où on trouve des antiquités et des bibelots, lorsque, dans la vitrine d’une petite galerie, un tableau attira mon attention. Il représentait une jeune et belle Chinoise, vêtue d’une cheongsam bleu pastel et argent, qui posait en toute simplicité, mais sans en être pour autant moins attirante, devant ce qui ressemblait à des stores vénitiens.
Deux tiges d’un bambou en pot penchaient vers elle et le souci du détail avait été poussé jusqu’à suggérer, à travers les interstices des lames du store, les immeubles présents de l’autre côté de la rue. Elle semblait me dévisager avec un sourire rappelant celui de La Joconde, mais avec plus d’assurance, combinant innocence et séduction."

Extrait du chapitre 3. James A. Clapp.

vendredi 11 juillet 2014

A la poursuite de Suzie Wong est...

... disponible !

A la poursuite de Suzie Wong  vient de paraître et sera bientôt disponible chez votre libraire préféré.
Vous pouvez aussi le commander depuis ce site, paiement en ligne sécurisé.


vendredi 20 juin 2014

À la recherche de la vraie Suzie Wong



Hong Kong, 1997 : les gratte-ciel ont atteint des hauteurs vertigineuses et les sonneries des téléphones portables commencent à ponctuer la vie d’une population toujours aussi affairée. Mais le ciel s’assombrit, car Hong Kong va être rétrocédée à la Chine communiste…
Marco Podesta, un universitaire en congé sabbatique, grand amateur de cinéma, croit voir Suzie Wong, incarnée par Nancy Kwan, sur un Star Ferry. Puis, dans une galerie de Sheung Wan tenue par un certain Robert Lomax, il est attiré par le portrait d’une jeune et belle Chinoise en cheongsam.
Intrigué, il part à la recherche de la vraie Suzie Wong dans une ville qui n’est pas toujours ce qu’elle paraît être et se retrouve impliqué dans un triangle amoureux dont il devra se dépêtrer.

James Clapp est professeur d’urbanisme et d’administration publique en Californie. Auteur de nombreux ouvrages universitaires, pour certains traduits en chinois, il a également enseigné à Hong Kong.
Cet observateur perspicace des autres cultures laisse transparaître avec ce premier roman un amour désintéressé pour l’art, la ville et les femmes.